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ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA CNIDH A LA SIGNATURE DE LA CONVENTION ENTRE LA CNIDH ET L’AMBASSADE DE FRANCE

« Le contrat que nous venons de signer avec l’Ambassadeur de France va porter principalement sur deux aspects : D’abord l’appui aux trois antennes que la CNIDH vient d’ouvrir à Gitega, Makamba et Ngozi. (…) Il s’agira ensuite de faire huit études sur la situation actuelle des droits catégoriels (4 de la première génération en matière de droits civils et politiques et 4 de la deuxième génération en matières économiques, sociales et culturels ». c’est en substance ce qu’a dit Frère Emmanuel Ntakarutimana, président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme(CNIDH), dans son allocution à l’occasion de la signature ce lundi 10 décembre de cette convention de financement.

CELEBRATION DU 64° ANNIVERSAIRE DE LA DUDH

 

Institut français de Bujumbura

Bujumbura, 10 Décembre 2012

Allocution à l’occasion de la convention de financement entre la CNIDH et l’Ambassade de France à Bujumbura

Par Fr. Emmanuel Ntakarutimana

CNIDH

La Déclaration Universelle des droits de l’homme constitue l’aboutissement d’un grand rêve de l’humanité. Le chemin qui a conduit à l’affirmation de ces grandes valeurs de l’humain a été long. Il s’est agi d’une très longue maturation dont les retombées irriguent aujourd’hui  la conscience de l’humanité. C’est un bon socle sur lequel  les communautés humaines sont appelées à bâtir pour réussir un développement intégral qui soit attentif à tous et à tous les aspects de la vie.

Nous sommes heureux que le Burundi, après des décennies de violence et de déconstruction, s’attèle aujourd’hui à une renaissance nationale qui soit respectueuse des droits et des libertés fondamentales pour tous les citoyens et pour toutes les personnes en séjour sur notre territoire.

C’est dans ce contexte que le Burundi a pris l’option de se doter d’une Commission Nationale Indépendante des Droits de l’homme au bout d’un processus où parlementaires, responsables gouvernementaux, acteurs de la société civile et de la communauté internationale se sont impliqués activement pendant plus de quatre ans. En effet, l’enjeu de mettre sur pied une commission conforme aux principes de Paris était un des défis majeurs à relever et qui a nourri le débat dans plusieurs cadres d’échanges et de discussions. 

L’adoption de la loi n°1/04 du 5 janvier 2011 portant création de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme par l’Assemblée Nationale a constitué une étape importante de ce processus dans la mesure où elle reflétait un large consensus de toutes les parties prenantes.

A titre d’illustratif, le caractère indépendant de la Commission qui était le cheval de bataille des organisations de défense des droits de l’homme est garanti à travers l’article 2  de la loi qui stipule que « dans son fonctionnement, la Commission n’est soumise qu’à la loi. En vue de préserver son indépendance et sa crédibilité, aucun organe étatique ne peut lui donner des injonctions dans l’accomplissement de ses missions. » Le même article stipule que «  Tous les services de l’Etat lui accordent l’assistance et le soutien dont elle a besoin. »

C’est dans cet esprit que la CNIDH s’est mise au travail depuis le 7 juin 2011. Nous venons donc de passer une année et 5 mois sur ce grand chantier en apportant notre contribution où les diverses institutions étatiques, les organisations de la société civile et différents partenaires travaillent à élever les standards du respect, de la protection et de la promotion des droits de l’homme. Nous avons déjà demandé l’accréditation auprès du Comité International de Coordination de Institutions Nationales des Droits de l’Homme à Genève pour avoir un statut qui puisse honorer l’Etat du Burundi, assurer sa crédibilité en matière de respect et de protection des droits de l’homme et la réponse est déjà dans le tunnel.

Réussir la crédibilité de la CNIDH dès les premiers mois de son fonctionnement constituait un défi de taille. En effet, la perte de la crédibilité durant ces premiers de fonctionnement aurait été fatale pour la jeune institution.

C’est ici que nous saisissons l’occasion pour remercier le Chef de l’Etat, le Président de l’Assemblée Nationale et celui du sénat, les responsables des différents démembrements de l’Etat pour l’accueil favorable, les encouragements et le soutien dont la CNIDH a fait l’objet. La situation économique du pays n’a pas permis d’obtenir tous les moyens qui étaient nécessaires pour une institution qui commence à zéro, mais nous notons que les octrois budgétaires et le mise à disposition d’infrastructures va en croissant. Nous souhaitons que cette tendance croissante se poursuive avec détermination du côté du gouvernement et de l’assemblée nationale.

Nous saisissons aussi cette occasion pour remercier les différents partenaires qui ont soutenu les premiers pas de la CNIDH. Il me serait impossible de les citer tous, particulièrement les organisations de la société civile au niveau national et au niveau international. Pour ce qui est des appuis financiers et matériels reçus, je m’en voudrais de ne pas mentionner l’Ambassade de France, l’Ambassade des Pays Bas, la section « sécurité humaine » de la division politique de la Confédération Suisse à Berne et sa représentation au Burundi, l’Ambassade de Grande Bretagne avec résidence à Kigali, l’Office des Droits de l’Homme de l’ONU avec sa représentation à Bujumbura, le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l’Homme, l’Organisation Internationale de la Francophonie, la représentation de l’Union Européenne à Bujumbura pour ne citer que ceux-là.

Nous sommes reconnaissants pour l’appui politique et les encouragements que nous avons reçu de l’Ambassade de France à Bujumbura, et particulièrement de l’action de l’Ambassadeur Jean Lamy.

La France qui nous réunit ce soir a particulièrement appuyé les premières activités de visibilité de la CNIDH avec production de dépliants donnant des informations de base sur la CNIDH, la multiplication des copies de la loi portant création, mission et fonctionnement de la CNIDH, la production d’émissions radio de sensibilisation ainsi que le renforcement des capacités de notre secrétariat général. La France a aussi appuyé le renforcement de capacités des commissaires avec l’octroi de deux bourses d’études par an à l’ENA à Paris.

Le contrat que nous venons de signer avec l’Ambassadeur de France va porter principalement sur deux aspects :

D’abord l’appui aux trois antennes que la CNIDH vient d’ouvrir à Gitega, Makamba et Ngozi. Il est crucial de rendre la CNIDH proche de la population. Cette dernière doit s’en approprier. C’est leur commission. Il est donc heureux que l’Ambassade de France ainsi que d’autres partenaires nous aident dans l’appui aux activités de sensibilisation et de formation dans les provinces. Il est important de faire un monitoring de proximité pour la surveillance des violations des droits de l’homme. C’est à la base qu’il est crucial de développer et de renforcer les synergies des différents partenaires pour que les réseaux à la base assurent la promotion et la protection des Droits de l’homme pour y développer une culture des droits de l’homme. Par une information et une formation de qualité, la population doit pouvoir assurer sa protection en devant de plus en plus exigeante envers les différentes autorités en matière de respect de la dignité de la personne humaine, de protection et de promotion des droits de l’homme.

Il s’agira ensuite de faire huit études sur la situation actuelle des droits catégoriels (4 de la première génération en matière de droits civils et politiques et 4 de la deuxième génération en matières économiques, sociales et culturels). Ces études nous permettront d’apprécier les évolutions faites après quelques années, du moment qu’on aura mis au clair le point de départ en 2013.

C’est à ce prix que nous pouvons revigorer la société burundaise et travailler à un développement intégral de notre pays en nous élevant aux niveaux des standards internationaux tout en restant enracinés dans nos archives culturelles.

Merci donc à l’Ambassade de France de contribuer à nous aider pour évoluer sur ce chemin.

Je vous remercie.



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