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Déclaration du Président de la CNIDH, Jean-Baptiste Baribonekeza, au Conseil des Droits de l’Homme, Genève, 13 mars 2017

Excellence Monsieur  le Président du Conseil,

Excellence Monsieur le Représentant du Gouvernement de la République du Burundi,

Excellences Mesdames et Messieurs,

Depuis sa dernière déclaration devant ce Conseil, la CNIDH note une nette amélioration de la situation sécuritaire et des droits de l’homme, même si de nombreux défis persistent.

Au niveau de la justice, des lenteurs excessives continuent à être observées, du fait notamment du manque de moyens. La CNIDH se réjouit de la récente mesure de grâce présidentielle qui a déjà permis d’obtenir la libération d’environ 2000 détenus, dont 58 membres du Parti MSD condamnés dans l’affaire dite du 8 mars. La Commission demande aux autorités judiciaires à mettre plus de célérité dans le traitement des dossiers. Elle demande au Gouvernement et aux partenaires du pays d’accorder plus de moyens au système judiciaire.

La CNIDH note avec satisfaction les avancées qui s’observent au niveau du dialogue politique, notamment l’adoption d’un langage apaisé et le rejet de la violence par toutes les parties prenantes. La CNIDH encourage le Gouvernement et tous les responsables politiques à poursuivre le dialogue.

La CNIDH est encouragée par le retour progressif et volontaire des réfugiés burundais, y compris les personnalités politiques. La Commission demande aux autorités burundaises et au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), de procéder au monitoring du retour et de créer les conditions d’un retour digne et sécurisé de tous les filles et fils du pays en exil.

La CNIDH suit avec intérêt le dossier des organisations de la société civile radiées ou suspendues, ainsi que des médias privés fermés. La CNIDH exhorte encore une fois le Gouvernement à reconsidérer les mesures de radiation, de fermeture ou de suspension, sans préjudice des responsabilités individuelles ou corporatives devant la justice.La Commission soutient le dialogue et reste disponible pour appuyer les organisations concernées à utiliser les voies de recours légales.

La CNIDH est préoccupée par la détérioration des relations entre le Gouvernement et certains mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies, qui se traduit notamment par la suspension de la coopération avec le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme,  et l’absence de coopération avec la Commission d’enquête internationale sur le Burundi établie par ce Conseil. La CNIDH encourage les parties prenantes à accélérer les échanges en vue de la reprise de la coopération dans la confiance mutuelle.

Enfin, Monsieur le Président, la CNIDH demeure préoccupée par le maintien des mesures de suspension de la coopération par certains partenaires au développement, notamment l’Union Européenne, qui ont le potentiel d’affecter négativement le droit des populations à accéder aux services sociaux de base. La CNIDH exhorte l’Union Européenne et les autres partenaires à reconsidérer ces mesures, en mettant en avant le peuple burundais dans toute sa diversité.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président.



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