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Discours de S.E.Mr Gaston Sindimwo, Premier Vice-Président de la République du Burundi lors du Lancement Officiel du Plan Stratégique 2016-2020 de la CNIDH

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Nous sommes très heureux de procéder aujourd’hui au lancement officiel du Plan Stratégique 2016-2020 de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), une institution phare dans l’agencement institutionnel de notre pays, chargée de protéger et promouvoir les droits de l’homme, important pilier de la liberté, de la sécurité et du bien-être de la population.

Cette activité arrive au moment où la paix et la sécurité règnent sur tout le territoire national, ce qui favorise la jouissance effective des droits de l’homme dans notre pays.

 

Contrairement aux opinions et aux messages biaisés, véhiculés par certains, la culture des droits de l’homme n’est pas un apprentissage pour les Burundais. En effet, avant même la colonisation, les Burundais avaient une culture de respect des droits de l’homme. Les valeurs fondamentales sur lesquelles se fondent les droits de l’homme comme le respect de la vie, la dignité, l’égalité, la justice sociale, la protection des personnes vulnérables comme les veuves ou les enfants orphelins, étaient bel et bien inculquées aux enfants dès le jeune âge ? Beaucoup d’interdits, comme celui de ne pas le lézard, par exemple, nous disent clairement que le respect du droit à la vie, a toujours été un important pilier de l’éducation de nos enfants, depuis le temps de nos ancêtres.

Cette tradition de respect des droits de l’homme continue à marquer l’évolution de nos lois et de nos institutions. C’est dans cet esprit que notre pays se classe parmi les premiers pays à avoir la quasi-totalité des principaux instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme et à leur conférer une valeur constitutionnelle en les intégrant dans le Constitution comme l’indique l’article 19 de celle-ci. De même, notre pays a adopté sur le plan interne un arsenal juridique important garantissant les droits et libertés de toutes les citoyennes et tous les citoyens burundais et même des étrangers vivant sur le sol burundais. Nous voudrions ici réaffirmer notre engagement pour la cause des droits de l’homme et  de notre volonté de continuer à mettre en place et affermir les institutions, mécanismes, politiques, projets et programmes permettant la jouissance effective de ces droits par tous les citoyens burundais, ainsi que les étrangers ayant choisi de vivre avec nous.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Comme l’illustre très bien la sagesse rundi « Akimuhana kaza imvura ihise » ou « Amazi masabano ntamara imviro », avant l’affaire des autres, la responsabilité de protéger et promouvoir les droits de l’homme incombent en premier lieu à l’Etat, tandis que la communauté internationale assure une protection subsidiaire dans le cadre de la coopération internationale. La principale protection des droits de l’être humain est donc celle qui est réalisée sur le plan interne grâce à des institutions nationales fortes, libres, impartiales et indépendantes, qui doivent en retour servir de voies de recours efficaces et apporte les remèdes nécessaires en cas de plaintes fondées.

Conscient de cette responsabilité, l’Etat du Burundi a mis en place  la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), créée et organisée par la loi N°1/04 du 05 janvier 2011, pour servir de cadre de traitement des représentations relatives aux droits de l’homme, en requérant, le cas échéant, la main forte des autres institutions de la République.

Depuis sa création, la CNIDH n’a cessé d’enregistrer  des progrès, que ce soit en matière de suivi de la situation, de rapportage et de protection, que ce soit en matière de promotion, sensibilisation et plaidoyer, en matière de conseil auprès du Gouvernement et des autres institutions, ou encore en ce qui est du rapprochement de ses services  à la population. Nous la félicitons pour les progrès importants déjà réalisés en six ans seulement d’existence, et surtout pour le travail louable accompli durant les moments particuliers que vient de connaître notre pays à cause des activités nocives des fauteurs de troubles et d’insécurité. Nous l’encourageons à aller de l’avant et le Gouvernement ne ménagera aucun effort en vue de la soutenir dans l’accomplissement de ses missions.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

La mise en place de la CNIDH et l’appui continu donné à cette institution témoigne la volonté manifeste de l’Etat du Burundi d’assurer le respect des droits de l’homme dans le pays et de renforcer constamment le cadre institutionnel dédié à cette cause. Elle traduit en outre la volonté du peuple burundais à trouver des solutions internes à nos problèmes  internes.

En effet, la solution aux problèmes des Burundais ne proviendra que de Burundais eux-mêmes. L’élaboration par la CNIDH de son Plan Stratégique 2016-2020 s’inscrit dans cette logique et nous espérons que la mise en œuvre de cet outil va permettre de trouver des solutions aux défis qui subsistent encore dans le domaine des droits de l’homme, que ce soit en ce qui est de l’éducation aux droits de l’homme pour les responsables et les citoyens, de la prévention ou de la réponse aux préoccupations liées aux droits de l’homme.

Le Gouvernement s’engage à fournir à la CNIDH les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ce Plan Stratégique dans les limites des moyens disponibles. Nous demandons à toutes les instituions de la République de lui accorder la collaboration nécessaire dans la réalisation des objectifs de ce Plan.

Nous lançons également un appel à tous les partenaires techniques et financiers du pays, aussi bien bilatéraux que multilatéraux, d’accompagner la CNIDH dans la mise en œuvre des activités prévues dans cet instrument. Ainsi, ils auront contribué à soutenir le peuple burundais dans sa quête pour un mieux-être, notamment en ce qui concerne la jouissance des droits de l’homme.

Excellences, Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Certains partenaires du Burundi ont suspendu unilatéralement leur coopération avec le peuple burundais sous prétexte qu’ils voudraient faire respecter les droits de l’homme.

Nous voudrions leur rappeler que cette mesure n’avance pas la cause des droits de l’homme dans notre pays, au contraire, elle les affecte négativement. Cette mesure, qui vise à faire prévaloir les intérêts des autres pays sur le sol burundais, en ignorant complètement l’histoire, les difficultés traversées, les aspirations légitimes à la paix, à la sécurité et au développement, ainsi que la volonté résolue du peuple burundais à se prendre en charge, devrait être réévaluée objectivement, dans l’esprit de partenariat qui a toujours caractérisé nos relations avec les pays amis.

A l’instar des autres nations civilisées, le Burundi est une nation fondée sur les valeurs de justice, de démocratie, de bonne gouvernance, de pluralisme, de respect des libertés et des droits fondamentaux de l’individu, de l’unité, de solidarité, de compréhension mutuelle, de tolérance et de coopération entre les différents groupes ethniques de notre société, et toujours à la recherche du bien-être de sa population. Nous ne demandons qu’à être traité comme des personnes plutôt que comme des problèmes.

Nous voudrions profiter de cette occasion pour exprimer notre gratitude à l’endroit des pays amis et des organisations internationales qui ont continué à soutenir et à appuyer le pays à travers la CNIDH pour que celle-ci puisse continuer à réaliser ses missions. Nous espérons que ce bel exemple et l’adage selon lequel « c’est dans le besoin que l’on connaît ses vrais amis » seront une inspiration pour ceux qui ont suspendu leur appui au Burundi et que ces derniers vont reprendre eux aussi leur coopération avec notre pays.

C’est sur cette note d’espoir que nous lançons officiellement Le Plan Stratégique de la CNIDH pour la période 2016-2020.

Vive le Burundi,

Vive les droits de l’homme pour tous,

Nous vous remercions.



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