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La CNIDH déplore les querelles persistantes sur la mise en œuvre de la feuille de route et sur le respect des libertés publiques

La CNIDH constate avec regret qu’une réinstauration d’un climat de forte méfiance entre les pouvoirs publics et certains partis de l’opposition,  largement relayé par les médias, risque de compromettre les efforts de dialogue amorcés. Telle est la déclaration du président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme(CNIDH).  Cette déclaration a été faite au cours d’un point de presse qu’il a animée ce jeudi 20 février 2014.

DECLARATION

  1. La question de l’exercice des libertés publiques s’avère être d’une importance capitale dans le contexte socio-politique actuel du Burundi marqué visiblement par le processus électoral de 2015.
  1. Le Burundi s’est engagé à faire respecter les droits et les libertés publiques en ratifiant les instruments internationaux, régionaux et nationaux de protection des droits de l’homme y relatifs et c’est à ce titre que la CNIDH voudrait rappeler que les standards véhiculés par ces textes doivent être garantis par les Etats parties.
  1. Dans le contexte actuel, les acteurs politiques et de la société civile ont amorcé leur positionnement face aux enjeux électoraux de 2015.

 

  1. La gestion des défis que ce contexte porte en lui et qui peut conduire à des violations des droits de l’homme exige clairvoyance et sagesse de la part des différents acteurs socio-politiques ci-haut mentionnés.
  1. D’ores et déjà, la CNIDH constate avec satisfaction que desdéfis importants à relever pour parvenir aux élections apaisées, libres et démocratiques ont fait objet d’identification, d’échanges, de dialogue et de concertation entre différents partenaires notamment  en mars et  mai 2013.
  1. La CNIDH se réjouit des premiers résultats issus de cette concertation notamment l’établissement d’une feuille de route entre partenaires politiques dont la première réunion d’évaluation de sa mise en œuvre s’est tenue en novembre 2013 sous la supervision du Gouvernement burundais en collaboration avec le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB).
  1. En outre, la CNIDH a apprécié, à juste titre, l’organisation des assises de Kigobe en décembre 2013 par l’Assemblée Nationale  sur le projet d’amendement de  la Constitution qui avait nourri beaucoup de controverse, offrant ainsi une chance au dialogue aux acteurs politiques de la mouvance gouvernementale et de l’opposition, aux représentants des organisations de la société civile et aux confessions religieuses sur une question d’une importance vitale pour le pays.
  1. Cependant, la CNIDH déplore que malgré ces avancées qui avaient nourri beaucoup d’espoir jusqu’à la fin de l’année 2013, les querelles persistent sur la mise en œuvre de la feuille de route et sur  le respect des libertés publiques.
  1. De plus, la CNIDH constate avec regret qu’une réinstauration d’un climat de forte méfiance entre les pouvoirs publics et certains partis de l’opposition,  largement relayé par les médias, risque de compromettre les efforts de dialogue amorcés.

C’est pour toutes ces raisons que la CNIDH recommande :

  • Au Gouvernement de rester attaché aux principes de respect des engagements nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme car les contextes électoraux sont souvent propice aux violations des droits civils et politiques ;
  • Aux acteurs politiques en général  de privilégier constamment la retenue, la voie du dialogue,de la tolérance et de la concertation dans le traitement de toutes les questions sensibles dans l’institution et au sein des partis politiques.
  • A la  société civile et aux médias de combattre la manipulation et la désinformation, fréquentes dans les contextes électoraux, par le professionnalisme, l’indépendance et la promotion des valeurs de paix, de liberté et de bonne gouvernance.
  • Aux militants des partis politiques de faire preuve de tolérance et de cohabitation pacifique avec leurs adversaires politiques en  gardant  à l’esprit que l’ordre d’un supérieur n’exonère en rien la responsabilité individuelle en matière pénale.
  • A la population en général de rester sereine et vigilante face à la manipulation et la désinformation pour la sauvegarde de la paix et du bien être de la société.

Fait à Bujumbura, le 20 février 2014

Pour la CNIDH

Frère Emmanuel Ntakarutimana

Président

 



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