Jump to Navigation

Ligne verte(appel sans frais):  +257 22 27 71 21

Visite de la prison de Ruyigi par la CNIDH, une surpopulation carcérale qui crève les yeux

Le directeur de la prison de Ruyigi dément les informations selon lesquelles  les prisonniers impliqués dans l’affaire de tuerie des albinos ont été acquittés. Ce sont les propos de Monsieur Donatien SINDAYIKENGERA, directeur de la prison de Ruyigi, lors de la visite inopinée de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme le 23 mai 2012. Ce directeur rejette également tout propos faisant croire que ces prisonniers se sont évadés de cette prison. «Ils étaient une vingtaine, seuls 4 prisonniers...

 se sont évadés ; les autres sont toujours là », a-t-il expliqué. Monsieur SINDAYIKENGERA ajoute que ces derniers persistent à refuser l’infraction et qu’il y en a même qui ont interjeté appel.

Une surpopulation carcérale qui crève les yeux

Sur 300 prisonniers de sa capacité d’accueil, la prison de Ruyigi compte 977 prisonniers parmi lesquels les gros effectifs sont des prévenus. Cette surpopulation carcérale n’épargne pas les femmes, les enfants et les adultes malgré les efforts des gestionnaires de cette prison. «  Des enfants, des femmes et des adultes sont séparés du reste des prisonniers pour éviter des contacts directs », a affirmé Donatien SINDAYIKENGERA, directeur de la prison de Ruyigi. Cette façon de faire permet de maîtriser les grossesses non désirées  et les naissances en prison.

Cependant,  a fait remarquer Mr SINDAYIKENGERA, les condamnés et les prévenus se côtoient de cette maison de détention. Aussi, même si le directeur se rassure que les procès avancent normalement, les  procès pour les détenus en provenance de la province de CANKUZO trainent parce, selon ce gestionnaire de la prison de Ruyigi, les magistrats de Cankuzo ne se déplacent sur Ruyigi que lorsqu’il y a eu les frais d’itinérance.  Ce qui explique en partie les cas de détentions trop prolongées même si le directeur de la prison de Ruyigi affirme qu’il collabore avec les magistrats pour débloquer la situation. « Le directeur a droit d’écrire des correspondances aux magistrats du MP, mais avant d’écrire, je les téléphone et leur envoie une liste actualisée des irrégularités et généralement ils collaborent bien », a-t-il rassuré.

Est-il interdit de tirer sur un détenu en fuite ?

La loi régissant la police pénitentiaire interdit de fusiller un prisonnier fugitif. Et si tel est le cas, ce policier s’expose à des sanctions prévues dans la loi. Mr SINDAYIKENGERA  regrette que cette situation soit déjà arrivée à Ruyigi. « Il arrive que l’évasif soit armé, là le policier le tire dessus pour se protéger », a-t-il précisé. Il ajoute néanmoins que l’idéal est d’arrêter tout prisonnier qui franchit le mûr et de le ramener au cachot, au cas contraire, des investigations doivent être faites pour établir les circonstances dans lesquelles ce policier a tiré sur le fugitif.

Une surpopulation carcérale alors qu’une soixantaine de prisonniers sont éligibles à la libération conditionnelle

Les raisons de cette situation sont multiples. Même si l’ONG Avocats Sans Frontières avait aidé les prisonniers qui ne pouvaient pas avoir la photo à mettre sur le dossier, selon le directeur de la prison de Ruyigi, certains prisonniers s’opposent à cette pratique. « Certains prisonniers refusent de mettre des photos sur leurs fiches arguant que cette pratique est satanique ! Or, nous avons trouvé que ce sont pour la plupart des récidivistes qui remorquent les autres dans ce comportement», a-t-il martelé. Ce directeur de la prison de Ruyigi trouve que ce problème de surpopulation carcérale serait partiellement résolu par la relaxation d’une soixantaine de prisonniers éligibles à la libération conditionnelle.

 

 

Quelques statistiques

Capacité d’accueil : 300 personnes

Population carcérale au 23 mai 2012 : 977

Mineurs en conflit avec la loi : 13

Femmes : 50

Nourrissons : 5



Toutes nos publications

Pages

Main menu 2

Dr. Radut Consulting