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Séance de concertation avec les représentants des Organisations de défense des droits des autochtones du Burundi

En prévision de la Journée Internationale des Peuples Autochtones (JIPA), célébrée le 9 août de chaque année, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) a organisé, le 18 juillet 2019,  une séance de concertation avec les organisations de défense des droits des autochtones du Burundi. L’objectif visé était l’identification de leurs préoccupations et les actions à mener afin d’y apporter des réponses appropriées.

Le Commissaire Maître Jacques Nshimirimana,  Président de la Sous-commission Promotion des droits de l’homme, avait le mandat du Bureau de la CNIDH pour diriger les échanges. Dans son allocution de bienvenue, il a remercié les 12 participants sur 14 invités,  représentant les 7 organisations des peuples autochtones pour avoir répondu au rendez-vous. Il a aussi déploré que certains ne sont pas arrivés à temps. Il a par ailleurs indiqué que ce cadre d’échange constitue une opportunité pour la CNIDH de réfléchir ensemble sur les réalisations, les défis majeurs et la mise en œuvre des solutions possibles en vue d’améliorer leurs conditions de vie. Mais avant tout, il les a exhortés de s’impliquer et d’être actif.

Concernant la perception de l’image de la CNIDH, ces organisations  se représentent la Commission dans un prisme déformé. Pour eux, la CNIDH a relâché de s’intéresser aux peuples autochtones du Burundi  et à leur développement. Par exemple, en cas d’accusation de vol réel ou supposé,  les autochtones sont battus, malmenés et discriminés sans recours ni secours. Sur ce, les participants à cette séance ont salué l’initiative de la CNIDH d’organiser une telle rencontre pour raviver le partenariat en agonie. Du coup, ils ont même souhaité qu’il y ait au sein de la CNIDH  un membre représentant leur communauté. En outre, ils ont demandé une franche collaboration entre la CNIDH et leurs organisations,  tout au moins à travers les Points Focaux  œuvrant dans les provinces.

Le Commissaire Nshimirimana Jacques a également fait  un bref exposé sur l’état des lieux des peuples autochtones. Ceux-ci  sont estimés à 370 millions éparpillés dans 70 pays du monde. Ils constituent 5% de la population mondiale. Cependant, les recensements effectués au Burundi par l’ISTEEBU, en 2008 et 2012, n’ont pas montré l’effectif des autochtones et leur répartition sur le territoire burundais. Toutefois, ils sont bénéficiaires du programme de la gratuité des frais scolaires et des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Pour jouir pleinement de ces droits, les problèmes majeurs qui les bloquent sont notamment le manque de carte nationale d’identité chez certains  et les enfants non inscrits dans les livres d’Etat-Civil à cause des mariages illégaux. Par ailleurs, ils habitent dans des maisons indécentes et sont confrontés au froid qui emporte la vie des enfants en temps de fortes pluies. Ils accusent le faible niveau d’instruction, car le nombre d’universitaires passe de 15 en 2015 à 33 en 2019. En sus de tout, les blocages de soupapes du développement économiques des autochtones au Burundi sont une réalité. Le problème de mentalité et  la situation de servitude,  pratique d’ «ubugererwa » abolie depuis la nuit des temps, les éloignent des facteurs de production.

Au cours des débats, les participants ont dénoncé la stigmatisation fondée sur les stéréotypes et les mythes qui risquent d’hypothéquer l’émancipation des autochtones. Ceux-ci ont décrié le servage des temps modernes pratiqué à leur égard. Par conséquent, ils ont réclamé le respect de leurs droits à la propriété foncière, à l’habitat décent, à l’emploi de la fonction publique, à la participation aux projets dont ils sont des bénéficiaires directs, à l’application équitable de la grâce présidentielle aux détenus issus de leur communauté, à la représentation aux institutions de prise des décisions et à l’accès aux ressources nécessaires pour exercer une activité génératrice des revenus. Pour contribuer au bien-être des autochtones, les participants ont recommande à la CNIDH d’intercéder auprès des pouvoirs publics pour interdire formellement l’achat des biens meubles et immeubles leur procurés par l’Etat ou les bienfaiteurs.

La CNIDH leur a promis d’être toujours de leur côté pour sensibiliser les différents intervenants en vue de la protection, la promotion et la mise en œuvre des droits des autochtones. Conformément à son mandat, la CNIDH va recevoir leurs plaintes en cas d’iniquité et s’ériger en interprète honnête de leurs préoccupations auprès des institutions partenaires. C’est dans ce cadre que les juristes issus de cette communauté ont été chargés de recenser tous les problèmes liés aux terres et d’en faire une synthèse à adresser à la CNIDH pour suivi et plaidoyer.

La CNIDH et les organisations de défense des droits des autochtones ont fini par proposer quelques actions à accomplir dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale des Peuples Autochtones (JIPA ) :

En clair, la pionnière des organisations de défense des droits des autochtones, UNIPROBA,  entreprend une descente sur le site de Zege à Gitega où leurs concitoyens risquent d’être délogés avec le projet de viabilisation envisagée par le Service de l’Urbanisme. Ensuite, les autres organisations des autochtones envisagent une descente conjointe avec la CNIDH en province de Ruyigi, dans une commune qui reste à déterminer. Enfin, la CNIDH va sortir une déclaration publique sur la situation des droits des autochtones du Burundi. Toutefois, la participation aux festivités relatives à la célébration de la JIPA, le 9 août 2019, devra se conformer aux directives et au programme du Ministère en charge des droits de l’homme.

Avant de se séparer, les participants autochtones ont émis une série de recommandations parmi lesquelles figurent  notamment le congé officiel à l’occasion de la JIPA ; l’identification de leurs besoins à la base ; l’équité dans l’administration de la justice; la multiplication des rencontres entre la CNIDH et leurs associations. La CNIDH, quant à elle,  s’est engagé à accompagner ces peuples autochtones du Burundi dans la protection et la promotion de leurs droits.



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