La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) a organisé, le vendredi 12 juin 2026 à Bujumbura, un atelier de validation du « Guide à usage facile pour les personnes détenues ».
Cet atelier a réuni une large assemblée de partenaires de la CNIDH à savoir les représentants du Ministère de la Justice, des Droits de la Personne humaine et du Genre, du Parquet Général de la République, des Barreaux de Gitega et de Bujumbura, de l’Inspection Générale de la Justice, de la Direction Générale des Affaires Pénitentiaires, de la Police Judiciaire, de l’Armée, ainsi que des Organisations de la société civile œuvrant dans la protection des droits humains en général et des droits des prisonniers en particulier. Etait également présent un cadre du Bureau du Conseiller en droits humains du Coordinateur Résident du Système des Nations Unies.
Ouvert par Mgr Martin Blaise Nyaboho, Président de la CNIDH, et Laurent Akobi, Conseiller principal en droits humains au Bureau du Coordinateur Résident du Système des Nations Unies Laurent Akobi, l’atelier visait à valider le document élaboré lors de l’atelier préparatoire de Gitega tenu du 17 au 21 novembre 2025. L’objectif principal était de s’assurer que le guide contient l’essentiel des droits et garanties des personnes détenues, tout en étant suffisamment simple, compréhensible et pratique pour être réellement utilisé par les principaux destinataires : les personnes privées de liberté.
Dans son discours, Laurent Akobi a rappelé avec force que la dignité humaine ne s’arrête pas aux portes des prisons. Il a souligné l’importance du guide qui traduit en langage accessible des principes fondamentaux tels que la présomption d’innocence, l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants, le droit à la défense, le droit à la santé et à un traitement digne. Il a particulièrement insisté sur la protection des mineurs en détention et le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. « L’élaboration d’un document, aussi pertinent soit-il, n’est qu’une étape. L’essentiel réside dans son appropriation, sa diffusion effective et surtout sa mise en œuvre dans la pratique quotidienne », a-t-il déclaré.
Prononçant son discours d’ouverture, Mgr Martin Blaise Nyaboho a exprimé sa satisfaction et son espérance face à cette avancée. Il a rappelé que le « Guide à usage facile pour les personnes détenues » vise à rendre accessibles et compréhensibles les droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Il a vivement remercié tous les partenaires qui ont contribué à l’élaboration du document, notamment lors de l’atelier préparatoire de Gitega tenu du 17 au 21 novembre 2025, soulignant que les observations et contributions de chacun restent essentielles pour enrichir le guide.
« Nous ne faisons pas qu’adopter un document. Nous affirmons collectivement notre volonté de bâtir un système judiciaire et pénitentiaire qui place la dignité humaine au centre de ses préoccupations. Nous disons aux détenus qu’ils ne sont pas oubliés, qu’ils restent des sujets de droit », a déclaré avec conviction le Président de la CNIDH.
L’atelier s’est déroulé de manière participative et inclusive. Après une présentation détaillée du projet de guide par le Vice-Président de la CNIDH, Gérard RUGEMINTWAZA, les participants se sont retrouvés en groupes de travail pour une relecture approfondie sur le fond et sur la forme.
Les synthèses des propositions ont ensuite été présentées en plénière et approuvés par les participants. Afin d’intégrer toutes les observations et d’améliorer la présentation du document (en le rendant plus orienté solutions pour les détenus), une équipe restreinte de cinq personnes, incluant la CNIDH et le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies, a été mise en place pour finaliser le guide dans les deux semaines suivant l’atelier.
Au terme des travaux, le Guide à usage facile a été adopté à l’unanimité, moyennant les observations et amendements formulés. Il sera ensuite traduit en kirundi et largement diffusé.
Cette initiative, rendue possible grâce à l’appui financier et technique du Bureau du Coordinateur Résident du Système des Nations Unies au Burundi, s’inscrit dans les engagements nationaux en matière de renforcement de l’État de droit et d’amélioration des conditions de détention.
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